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Sunday, 05 September 2010
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1.1 Euditis à Philoscaphe
Heureusement pour nous la mer a repris sa sérénité. La tempête durait depuis trois jours, grâce à Borée qui avait soufflé un vent terrible des promontoires. Quel aspect effrayante ! Les flots sombres, soulevés violemment, se blanchissaient d’écume ; partout les lames se brisaient entre elles : les unes se heurtaient aux rochers, les autres éclataient avec fracas. Tout travail était impossible. Réfugiés dans des cabanes du rivage, nous ne songions qu’à ramasser quelques débris de chêne oubliés par les charpentiers et à allumer du feu pour vaincre l’âpreté du froid. Le quatrième jour, qu’on pourrait appeler une journée d’alcyon, à cause de la pureté de l’air, est venu nous apporter la richesse. Au lever du soleil, lorsque ses premiers rayons ont brillé sur la mer, nous avons lancé notre barque qui était à sec, et nous nous sommes mis à l’œuvre avec nos filets. Nous les avons jetés non loin de la côte. Quelle abondance ! Que de poissons pris ! Les lièges des filets disparaissaient presque sous l’eau, entraînés par le poids. Aussitôt, les pourvoyeurs qui se trouvaient ici achetèrent la pêche argent comptant. Ils suspendirent des corbeilles sur leurs épaules et se dirigèrent du port de Phalères vers la ville. Nous les avons tous contentés, et même, nous avons rapporté beaucoup de fretin à nos femmes et à nos enfants pour les nourrir plusieurs jours, si la tempête recommence.
 
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